Eriaka's Chronicles 12 - 2éme partie

Publié le par Eriaka

Je n’ai aucun souvenir de la suite des évènements, Loistic ma raconté...

 

Malgré leur valeur, les gars n’auraient pas pu vaincre le Champodon sans l’aide in extrémis de combattants aguerris ... Alzirah, la Xel au cadran de cristal, réputée pour ses talents d’hypnose à retirer toute volonté au monstre de riposter. Sur cette entrefaite deux des sacris les plus puissants du royaume, Legend et Seraphine ont bondi sur le dos de la bête, avec une force peu commune et l’ont tailladé de toute part. Puis, ne faisant cas de Kricket, Keelow et des trois cousins ébahis par tant de force, ils se sont jetés au cœur de la formation des Fungus, suivis des meilleurs, Mounta, Ptit-ange, Etepmet, Gedeo, Kunda pour ne citer qu’eux.

 

Paraît qu’à ce moment, Mamichup a fait son apparition, un petit carnet à la main, portée sur les épaules de son marmiton Feizal.

« Allons, allons messieurs ! Approchez ! Les paris sont ouverts ! La cote est de dix contre un pour les Bolgs ! Venez gager votre solde du mois ! Soyez pas timides, un beau pactole à l’arrivée, tentez votre chance ! Gain doublé si vous devinez qui dans nos rangs ou dans ceux de l’ennemi crèvera l’premier ! »

 

Pendant une infime seconde, tous, Fungus et Bolgs compris, se sont arrêtés pour la regarder brailler. Eternia, s’est précipitée vers elle, dans l’espoir de l’arrêter.

 

« Mais enfin Mamichup que faites-vous ?  Nous sommes en pleine bataille, vous ne pouvez pas parier sur la mort des gens !  Que dira votre conscience lorsque vous empocherez cet argent souillé par le malheur ? »

 

« Bah, j’sais pas... merci les gars, vot’ décès fait ma joie. Ca d’vrait faire l’affaire. Devant le visage ahuri d’Eternia elle a ajouté : Ma ptite ya longtemps qu’ma conscience roupille dans un coin d’ma tête avec toute les conneries moralistes que nous fourguent les prêtres Bontariens !  J’suis ptêtre pucelle mais j’suis pas une sainte et j’suis pas naïve non plus ! Dans c’monde de dingue soit tu saignes, soit t’es saigné, qu’ce soit la chair ou l’porte-monnaie. Et en général, quand l’massacre s’finit, les riches en profitent. Bon, tu m’excuses, j’aime bien taper la converse avec toi mais comme dit le dicton empocher ou discourir il faut choisir. Allons, allons ! Profitez, d’l’aubaine ! Lancez vos mises, c’est la fortune assurée ! »

 

Tandis que les bleusailles se laissaient prendre par les boniments de la vioc, les puissants massacraient les Fungus. En moins de temps qu’il ne faut à un Kwak pour avaler une larve les monstres furent décimés. La bataille tournait à notre avantage. Les Fungus gisaient à présent dans la boue, il fallait les enjamber pour atteindre les Bolgs. Les archers ont alors tiré une volée de flèches. Encerclés de toute part les nécromants ont deviné leur défaite.

 

L’un d’eux, probablement leur commandant, a hurlé :

 

« Il est trop tard hommes d’Amakna ! Bolgrot est de retour, d’ici peu il recouvrera ses forces et l’enfer de ses flammes détruira jusqu’au dernier de vos rejetons !! Les dieux et les démons de l’ancien temps ne pourront rien pour vous !! Aussi tremblez devant sa puissance ! Ni les larmes, ni les suppliques ne restreindront sa rage ! Vous verrez ce monde dépérir et la race humaine avec lui ! »

 

Kunda a soulevé sa lourde hache surnommée par ses frères d’armes la voleuse d’âme.

« Où est-il ?! Réponds et je rendrai ta mort moins douloureuse ! »

 

« Ha, ha, ha ! Ne sois pas impatient humain, il te trouvera le moment choisi ! Tu regretteras alors d’avoir voulu croiser son regard ! »

 

« Bolgrot est encore trop jeune et faible pour survivre seul. Après votre mort, le Dragon vous rejoindra dans le néant qui l’a vu naître car même les enfers ne voudront pas de lui ! »

 

C’était Loistic.

 

« Vot serpent sans son biberon il va caner et ... »

« Inutile mon élève ils ont très bien compris. »

 

« Mais vous, vous n’avez rien compris ... Le maître n’est jamais seul. Déjà il s’enfuit pour un autre refuge ou l’attendent ses fidèles. »

 

« D’autres Bolgs ? »

« Tu ne vois donc rien, humain, ta fierté t’aveugle ... Laisse-moi te décrire l’adversaire qui demain frappera à ta porte. Tous les chefs, de toutes les races de monstres dont se repaissent vos lames depuis des siècles, ont rejoint sa cause. Les Ougahs, les Minotots, les Kimbos même l’énorme Kralamour, ont accepté l’alliance. Tu veux retrouver Bolgrot ? Cherche dans leurs repaires car ils servent à présent mon maître et attendent en retour un présent inestimable. »

« Quel présent ? »

« Un monde dépourvu d’humains. »

« Comment pouvez-vous faire ça ! Vous-mêmes vous êtes des hommes ! » A lancé un jeune archer terrifié par ce qu’il entendait.

« Nous? »

 

Le chef des Bolgs a alors retiré le masque noir qui cachait son visage, dévoilant une tête qui, si elle fut au départ celle d’un homme, n’en avait plus aucun trait. Le nez et les oreilles avaient été coupés, la langue taillée pour devenir aussi fourchue que celle d’un serpent, les yeux arrachés et transformés en médaillon pour laisser sous chaque arcade sourcilière un trou noir. Des écailles recouvraient ses joues et son front afin de renforcer son aspect reptilien.

« Aujourd’hui nous mourons fiers du devoir accompli ! »

 

Alors, dans un rire démoniaque les Bolgs ont lancé une dernière fois leurs boules de feu au-dessus de leur tête et la torche vivante qu’ils sont devenus a embrasé le ciel d’une lueur d’épouvante. Au même instant, il y eut un tremblement de terre, bouchant l’entrée de la caverne. Derrière l’amas de pierre une voix lugubre, aussi obscure que la fin des temps, a résonné ... « Bientôt, petits hommes .... Bientôt ... »

 

Tous sont demeurés inertes, incapables de savourer le charme de la victoire. Quelle victoire ? Celle dérisoire qui retardait pour un temps notre anéantissement. Un silence mortuaire a recouvert les landes d’une sentence irrévocable, nous étions des condamnés à mort ...

 

Puis le soleil a déchiré les nuages pour tracer dans le ciel un chemin lumineux, comme une route menant vers l’espoir nous incitant à ne pas désespérer. Peu à peu les hommes sont sortis de leur torpeur, des cris de liesse ont brisé la fatalité dans laquelle nous avait plongé la promesse de Bolgrot et les toubibs se sont mis au travail pour sauver ceux que la mort avait recrachés.

 

Je suis revenue à moi, incapable de savoir ce qui s’était passé. Vrael se tenait à mes côtés.

« Je vais l’examiner, il n’est peut être pas... »

« Laisse tomber toubib, c’est trop tard. »

 J’ai ravalé ma douleur en secret. « On a gagné ? »

« Ouè, pour aujourd’hui. Mais Bolgrot s’est enfui et il a de puissants alliés. »

« C’est la merde alors... »

« C’est la merde. T’es blessée ? »

« Non, ce sang n’est pas le mien. Occupe-toi des autres, ça va aller. »

 

Le chef est arrivé en trombe.

 

« Bordel, l’a fallu qu’ces enfants d’salauds attaquent après mon départ ! Ils ont fermé les portes de la cité pour éviter une invasion, j’étais bloqué. Ya des pertes ? »

 

« Zeux, Jormundur et Hodge, à reniflé Eternia. Gurre a les deux jambes cassées, Manfriine le bras droit brûlé et Kricket une entaille profonde à la poitrine. Mais d’après Aurel il devrait s’en sortir. Il y a d’autres blessés moins graves. Hooo, j’ai cru bien faire mais j’étais tellement épouvantée ! »

« Tu as fais au mieux ma douce. »

 

Mamichup est passée devant le chef une liasse de billets à la main, la démarche aussi pompeuse et fière qu’une dragodinde sauvage, le chef a reniflé dans sa barbe.

 

« Tssss, t’es pas morte toi... Dommage. »

 

Elle l’a royalement ignoré, expliquant à son sous-fifre Feizal qu’elle hésitait à prendre le titre de Baronne ou de Comtesse.

« Baronne Mamichup ... ça fait plus noble c’est sûr, mais les baronnes sont souvent de vieilles rombières qui baisent jamais alors que les comtesses c’est connu sont toujours truffées d’amants ... j’hésite. »

 

« D’où elle sort tout ce fric ? »

« Hoo, elle a organisé des paris durant toute la bataille. J’ai bien essayé de l’en empêcher mais tu la connais, c’est difficile de la raisonner. »

« Ca va pas se passer comme ca, bordel, une fois cette guerre finie on aura une ptite explication elle et moi ! »

« Bolgrot est en vie mon mari, nous l’avons entendu... »

« Je ne veux pas t’alarmer inutilement mais il faut être lucide ... La situation est encore pire. Le dragon a convaincu les monstres les plus dangereux du royaume de se joindre à lui. L’humanité va devoir lutter pour sa survie. Espérons que les dieux nous pardonneront notre orgueil et nous viendront en aide. »

 

à suivre ...

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Publié dans Chroniques

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